Le 11 mars, le nouveau président chilien José Antonio Kast est entré en fonction pour un mandat de quatre ans. Élu en décembre dernier, ce père de neuf enfants n'a jamais caché sa foi catholique.
Un président catholique au Chili. Élu le 14 décembre dernier avec 58,2% des voix, le nouveau président du pays, José Antonio Kast, a prêté serment pour un mandat de quatre ans, le 11 mars à la Moneda, le palais présidentiel.
La nouvelle présidente du Sénat, Paulina Núñez, lui a remis l’écharpe aux couleurs du drapeau national. Les différents membres de l’hémicycle l’ont applaudi et ont chanté à l’unisson l’hymne national du Chili.
José Antonio Kast succède à Gabriel Boric, un homme politique de gauche. Radicalement opposé à lui, le nouveau président, situé politiquement à l’extrême droite, a mené une campagne axée sur l’immigration irrégulière, la lutte contre la criminalité ou encore l’interdiction de l’avortement et du mariage homosexuel. Il s’agit du président le plus à droite depuis 1990.
"Dieu, la patrie et la famille"
Élevé dans une famille catholique, José Antonio Kast affirme être un chrétien pratiquant. Le soir de sa victoire, il a déclaré :
"Rien n'est possible sans Dieu. Rien n'arrive dans la vie, pour ceux d'entre nous qui ont la foi, qui ne soit en lien direct avec Dieu."
Il y a deux ans, dans un entretien accordé à ACdP, le père de famille de neuf enfants a affirmé être "entré en politique en tant que catholique". Lorsqu’il a fondé le Parti républicain en 2019, il l’a défini avec la triade : "Dieu, la patrie et la famille". Un solgan réaffirmé durant sa campagne présidentielle.
"Nous allons reparler de Dieu, de la patrie et de la famille. Ce sont les valeurs qui ont fait la force de notre nation, et nous n’avons aucune raison d’avoir peur de ce qu’elles nous disent."
Ce jeudi, au deuxième jour de son mandat, il se rendra dans la matinée à la cathédrale métropolitaine de Santiago afin de participer à une prière œcuménique pour le pays et le nouveau gouvernement. La cérémonie sera présidée par l’archevêque de la ville, le cardinal Fernando Chomalí.
Controverses
Le nouveau président du Chili est connu pour être un admirateur et un soutien de la dictature militaire d’Augusto Pinochet, coupable de violations des droits humains entre 1973 et 1990. Le régime a fait 3 200 morts et 1 200 disparus, selon l'État chilien. Il a affirmé ne pas défendre ces crimes tout en déclarant en 2017 que si Pinochet était encore en vie, il aurait voté pour lui.
José Antonio Kast est également le fils de Michael Kast, membre du NSDAP, le parti nazi d'Adolf Hitler, depuis ses 18 ans. Une information révélée par des documents d’archives fédérales d’Allemagne datés de 1942. Le politicien a de son côté, affirmé que son père avait été enrôlé de force.
Dans un rapport institutionnel publié en 2024, le mouvement religieux du Schoenstatt, dans lequel il a été élevé, a été reconnu coupable d’abus sur des victimes, dont des mineurs. Ainsi, l'ancien archevêque de La Serena, Francisco José Cox a été expulsé du sacerdoce par le pape François.
Mélanie Boukorras